Liviu Nicu

Introduction

Au fil de mon parcours scientifique, mes activités se sont progressivement enrichies d’une dimension de structuration de la recherche venant compléter les activités de production scientifique et de formation par la recherche présentées dans les rubriques précédentes.

Cette évolution s’est traduite par une implication croissante dans la transformation d’organisations de recherche, l’animation de communautés scientifiques interdisciplinaires et la mise en place de dispositifs de coopération internationale visant à créer un cadre durable pour le développement de projets scientifiques, de programmes de formation et de partenariats institutionnels.

L’ensemble de ces actions s’inscrit dans une logique de changement d’échelle progressive, allant de l’échelle du laboratoire à celle de coopérations scientifiques internationales structurantes.

Accompagner la transformation scientifique du LAAS-CNRS

Entre 2016 et 2025, j’ai assuré la direction du LAAS-CNRS, l’une des plus importantes unités du CNRS dans le domaine des sciences de l’ingénierie et de l'informatique.

Au-delà des responsabilités administratives associées à cette fonction, cette période a été marquée par une réflexion approfondie sur l’évolution du positionnement scientifique du laboratoire dans un contexte de transformation rapide des sciences et technologies de l’information, des microsystèmes, de la robotique, de l’intelligence artificielle et des matériaux avancés.

Cette dynamique s’est traduite par un accompagnement actif de l’émergence de nouvelles thématiques, un soutien aux approches interdisciplinaires et une attention particulière portée aux interfaces entre disciplines, dans un laboratoire historiquement structuré autour de communautés scientifiques fortement établies.

Le renouvellement du laboratoire dans le cadre de l’évaluation HCERES, la gestion de la période de pandémie de Covid-19 ainsi que la préparation de la transition vers une nouvelle équipe de direction ont constitué des étapes importantes de cette transformation.

Cette expérience m’a conduit à développer une vision de la structuration de la recherche dépassant l’échelle d’une équipe ou d’une thématique particulière pour intégrer les dimensions scientifiques, humaines, organisationnelles et institutionnelles associées à l’évolution d’une grande unité de recherche.

Animer des communautés scientifiques interdisciplinaires

Parallèlement à mes activités de recherche, j’ai contribué au développement et à l’animation de communautés scientifiques associant physiciens, chimistes, biologistes, mécaniciens et spécialistes des microsystèmes autour de problématiques communes.

Cette activité s’est notamment appuyée sur la coordination ou la participation à plusieurs projets nationaux et internationaux portant sur les BioMEMS, les matériaux fonctionnels avancés, les microsystèmes pour l’énergie, les capteurs intelligents et les matériaux architecturés.

Au cours des dix dernières années, cette implication s’est traduite notamment par une participation aux projets NanoMitoX (Région-FEDER, 2015-2019), H2SENSE (ANR, 2016-2021), POMADE (ANR, 2019-2023), FLEXIGAN (ANR, 2023-2026) et MIGNON (ANR, 2023-2026), ainsi que par la coordination du projet international IEA METAPIEZO développé avec l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.

Au-delà des résultats scientifiques obtenus, ces projets ont contribué à faire émerger des collaborations interdisciplinaires durables entre laboratoires, disciplines et communautés scientifiques distinctes.

Développer des coopérations scientifiques à l’échelle continentale

Depuis 2022, mes activités se concentrent principalement sur le développement des coopérations scientifiques entre le CNRS et les pays d’Amérique du Sud.

En tant que directeur du Bureau CNRS Amérique du Sud, j’accompagne l’émergence de nouvelles collaborations scientifiques, le développement de partenariats institutionnels et la mise en place de dispositifs favorisant les échanges entre chercheurs, doctorants et établissements de recherche.

Cette activité couvre plusieurs pays du continent et concerne un large éventail de disciplines scientifiques, allant des sciences humaines et sociales aux sciences de l’ingénierie, avec pour objectif de renforcer durablement la présence scientifique du CNRS dans la région et d’accompagner le développement de collaborations à fort impact scientifique.

L’IRC CNRS–USP : construire une coopération scientifique stratégique

Depuis 2023, j’assure également la co-direction de l’International Research Center (IRC) CNRS–USP.

Premier International Research Center du CNRS implanté dans un pays du Sud, l’IRC constitue aujourd’hui le principal cadre de dialogue scientifique et stratégique entre le CNRS et l’Université de São Paulo, première université d’Amérique latine.

Structuré autour de plusieurs piliers scientifiques thématiques couvrant l’ensemble des grands champs disciplinaires, l’IRC fédère plusieurs centaines de chercheurs et favorise l’émergence de projets interdisciplinaires, de programmes de mobilité et d’actions de formation communes.

Au-delà de son rôle d’animation scientifique, il contribue à inscrire les coopérations entre les deux institutions dans une perspective de long terme fondée sur une vision stratégique partagée.

Construire des dispositifs pérennes de coopération et de formation

L’une des évolutions les plus récentes de mes activités concerne la création et la consolidation de dispositifs destinés à assurer la pérennité des coopérations scientifiques internationales.

Cette dynamique s’est notamment traduite par la mise en place du programme Centre International de Recherche (CIP) soutenu par la FAPESP (Fondation d'appui à la recherche de l'état de São Paulo), par le développement du programme doctoral conjoint CNRS–USP (PhD Joint Program) ainsi que par l’accompagnement de plusieurs initiatives structurantes associant laboratoires internationaux, programmes doctoraux et actions de formation.

L’objectif est de dépasser la logique du projet individuel pour construire des instruments durables permettant le financement de doctorants, de post-doctorants, de mobilités internationales et de projets collaboratifs sur le long terme.

Cette approche vise à créer les conditions d’une coopération scientifique capable de se maintenir et de se renouveler indépendamment des personnes qui l’ont initiée.

Quelques repères

  • Direction du LAAS-CNRS (2016–2025)
  • Direction du Bureau CNRS Amérique du Sud (depuis 2022)
  • Co-direction de l’IRC CNRS–USP (depuis 2023)
  • Coordination ou participation à de nombreux projets nationaux et internationaux
  • Développement de programmes doctoraux et postdoctoraux internationaux
  • Mise en place de dispositifs structurants associant le CNRS, l’Université de São Paulo, la FAPESP et de nombreux partenaires académiques internationaux