Les travaux sur la résistance du paludisme distingués par deux prix
Emilie Guémas et Dulce Trejo de l'équipe M3 ont été distinguées pour leurs travaux sur la résistance du paludisme
Le paludisme reste un problème majeur de santé publique dans les régions tropicales, causant chaque année plus d’un demi-million de décès dans le monde. En Afrique, où survient la majorité des cas, les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont les plus touchés, et le parasite Plasmodium falciparum est responsable de la majorité de la mortalité.
Par ailleurs, l’émergence de mutations associées à des résistances menacent l’efficacité des stratégies actuelles de chimioprévention. Par une approche intégrée théorie-expérience développée par plusieurs années de collaboration entre le LAAS-CNRS et INFINITY, nous essayons de comprendre les effets des mutations sur la cible dihydroptéroate synthase (DHPS) de P. falciparum. Ce projet est actuellement soutenu par l’ANR SULPAR.

Emilie Guémas soutenu sa thèse le 24 novembre 2025, portant sur l’ « Étude des mutants de la dihydroptéroate synthase de Plasmodium falciparum porteurs de la mutation Ile431Val : du terrain à l’atome ». Pour son travail, elle a reçu le prix de thèse d’exercice décerné chaque année par la collégiale ANOFEL, à Paris, le 24 mars 2026.
Au cours de sa thèse, Emilie Guémas s’est intéressée à l’émergence d’une nouvelle mutation (Ile431Val) du gène pfdhps de Plasmodium falciparum, impliquée dans les mécanismes de résistance, ainsi qu’à l’accumulation de mutations qui menacent l’efficacité du traitement. Pour cela, elle a combiné plusieurs méthodologies : des approches de terrains (séquençage d’échantillons africains), des analyses de données épidémiologiques pour suivre la propagation de cette mutation en Afrique, des études enzymatiques pour comprendre son impact sur la résistance au médicament, et utilisé des simulations moléculaires pour relier mutations, structure de l’enzyme et résistance.

Le 27 mars 2026, à Lausanne, Dulce Trejo a obtenu le prix du meilleur poster lors de l’école CECAM (Centre Européen de Calcul Atomique et Moléculaire) « Hybrid Quantum Mechanics / Molecular Mechanics Approaches to biochemistry and beyond ». Cette école internationale réunissait 82 participants venant de 26 pays.
Le travail que Dulce Trejo a présenté porte sur l’élucidation de l’activité catalytique de l’enzyme PfDHPS, un prérequis fondamental pour décrypter la relation complexe entre structure et catalyse apparaissant lors de l’émergence de résistances aux antipaludiques dans les systèmes mutants. Pour cela, elle utilise pour cela différentes méthodes de simulation à l’échelle atomique, combinant dynamique moléculaire et méthodes quantiques. L’objectif est de contribuer à la conception de nouveaux inhibiteurs de PfDHPS capables de surmonter ces résistances et d’agir comme futurs médicaments antipaludiques.
publié le 22.05.26