Des fauteuils « en or » pour les JO paralympiques 2024

Mercredi, 17 Juin, 2020

Bruno Watier, de l'équipe Mouvement des Systèmes Anthropomorphes - GEPETTO et enseignant à l'université Paul Sabatier, planche depuis 2018 sur l’optimisation du couple homme/fauteuil dans le domaine du sport de haut niveau. Avec son collègue de l’Institut Clément Ader, Yann Landon, il est à l’origine de la conception de deux fauteuils adaptés, l’un pour l’escrimeur Maxime Valet, vice-champion en coupe du monde handisport en 2019, l’autre pour le joueur international de parabadmington David Toupé, pionnier de la discipline.
 

Concevoir des fauteuils sur-mesure pour des sportifs de haut niveau en situation de handicap : c’est l’objectif du programme de recherche national Paraperf, auquel participe des scientifiques toulousains. De nouveaux couples athlètes/fauteuils pour des performances accrues, avec un objectif de médailles pour les jeux paralympiques de 2024.
 

« Nous n’offrons pas des médailles d’or, mais on peut aider à les obtenir ! »


Bruno Watier étudie sur comportement de la mécanique humaine, la biomécanique. Quelles sont les forces qui nous permettent de créer le mouvement ? Quels sont les muscles à l’œuvre ? « Il s’agit de quantifier, mesurer, analyser les forces permettant de générer, en l’espèce, la meilleure performance en optimisant le couple sportif-fauteuil ».

La forme du fauteuil, sa résistance, ou au contraire, sa souplesse, sont des éléments essentiels pour permettre au sportif d’atteindre sa performance optimale. « Tout dépend du sport concerné », explique Bruno Watier. Parfois, le fauteuil ne doit pas se déformer du tout, comme au tir, où il est nécessairement rigide et immobile ; au contraire, en escrime, il faut que le fauteuil soit élastique, pour aller aussi loin que possible en avant comme en arrière. « Le fauteuil est sport dépendant, et encore plus sportif dépendant, puisque les types de handicap diffèrent d’un individu à l’autre ». Un travail au cas par cas, qui commence par des rencontres avec les athlètes, pour envisager ce qui selon eux nuit le plus à leur performance et prendre toutes les mesures. « Une amélioration de 1% de la performance peut suffire pour gagner ! »

C’est là qu’intervient le savoir-faire de Yann Landon, spécialiste des matériaux à l’Institut Clément Ader, dont l’activité est dédiée à l’étude des structures, des systèmes et des procédés mécaniques qui œuvre en particulier dans le domaine aéronautique et a développé une forte compétence en matériaux composites. Alors que les fauteuils pour personnes en situation de handicap sont en général conçus en aluminium et en acier, des matériaux résistants mais assez lourds, Yann Landon teste le composite. Avec succès : un gain de masse de plus de 20% est atteint sans même diminuer la résistance du fauteuil.

Une première expérimentation, lancée sous l’impulsion du Centre de ressources d’expertise et de performance sportives, le Creps de Toulouse, a été conduite en partenariat avec la faculté des sciences du sport de l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et le département Humanity Lab d’Airbus. « Ce travail s’est si bien déroulé qu’il a eu un retentissement national », raconte le chercheur du LAAS-CNRS. Lorsqu’en 2019, l’État lance via l’Agence nationale de recherche (ANR) un appel à projet pour financer des projets de recherche en vue d’améliorer la performance des athlètes et les préparer aux Jeux paralympiques de Paris 2024. L’Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) propose à l’équipe toulousaine de se joindre au dépôt de candidature nationale pour le projet Paraperf.

 

[...] Lire l'article sur le site de l'Exploreur - Université Fédérale de Toulouse

À retrouver dans le nouveau dossier Exploreur « SPORT Nos limites » qui met en lumière les recherches menées par les scientifiques toulousain.es pour améliorer les conditions d'exercices du sport de haut niveau (professionnels ou amateurs).