Lors du Sommet de Versailles en juin 1982, les sept pays du G7 ont décidé la mise en place d'un grand programme Technologie, Croissance et Emploi. Celui-ci comprenait dix huit projets dont un portant sur la Robotique Avancée, pour lequel le Japon et la France étaient les co-responsables.
La poursuite de ce projet, sous la forme d'un programme international en robotique avancée (International Advanced Robotics Programme, IARP), a été approuvée lors d'une réunion des pays participants en Avril 1986. Depuis lors, d'une manière indépendante du G7, IARP a poursuivi avec les grands objectifs qui étaient ceux fixés lors du Sommet de Versailles :
"Animer et soutenir la coopération internationale dans le but de développer des systèmes de robotique avancée capables de dispenser l'Homme d'une activité et du travail dans des conditions difficiles, pénibles ou dangereuses".
Les pays qui participent aujourd'hui au Programme sont :
Pays membres : Allemagne, Australie, Autriche, Brésil, Canada, Chine, Corée, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie.
Observateurs : Belgique, C.E, Nouvelle-Zélande.
L'activité de IARP est conduite par la réunion des représentants des pays membres et observateurs, lors d'une réunion annuelle, le Joint Coordinating Forum, qui élit en son sein un Président chargé du suivi des décisions pendant l'année suivante. Depuis mai 1994, le Programme a un Président (Norman Caplan, Etats-Unis) élu par le JCF pour trois ans, renouvelable trois fois. La France assure le Secrétariat avec pleines fonctions (G. Giralt, Secrétaire Général) depuis septembre 1995 (moyens logistiques fournis par le LAAS-CNRS).
L'effort de structuration dans un but de continuité et d'efficacité a été poursuivi par la décision de la mise en place, lors du JCF de septembre 1997 (Montréal) d'un Exécutif assurant l'exécution des décisions prises et disposant de capacités de décision sur des question en cours urgentes. Cet Exécutif est constitué par le Président, le Secrétaire Général et le Président du dernier JCF et deux autres membres désignés par le JCF. Une version actualisée de la Charte initiale précise l'organisation et les règles de fonctionnement de l'IARP.
Les objectifs et les directions d'actions du Programme ont fait l'objet d'un rapport établi par le Secrétariat : "Future Impact of Robotics Research Technologies and Practical Utilization". Ce rapport a été présenté au JCF de Karlsruhe en octobre 1996 qui a approuvé son contenu et établi un Executive Summary voté à l'unanimité qui constitue ainsi le texte d'orientation du Programme.
Un rapport actualisé est actuellement en cours d'élaboration (voir un texte préliminaire d'orientation, Robotics Research Directions at the Outset of the Century).
Les activités principales de l'IARP sont :
L'établissement d'un rapport concernant les activités des pays membres dans le domaine considéré, essentiellement ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler la Robotique d'Intervention, de Service et d’Assistance Personnelle.
L'organisation de groupes de travail, de missions d'étude, de visites et d'échanges de spécialistes.
L'organisation de colloques spécifiques qui ont pour objectif de faire le point sur un sujet ou un domaine particulier, et de développer la coopération internationale. Ces colloques réunissent, par invitation de 50 à 100 spécialistes, principalement mais non exclusivement, en provenance des pays membres ou observateurs.
L'élargissement du Programme à des nouveaux pays susceptibles de jouer un rôle important dans le domaine de leurs activités R&D et/ou leur rôle régional.
En accord avec l'orientation initiale et d'une manière actuellement très marquée, le Programme s'efforce d'alerter à travers les représentants respectifs, les instances gouvernementales des pays participants sur l'intérêt technique et l'impact social et économique des domaines d'applications avancées de la Robotique, et ceci à l'exclusion de tout ce qui concerne déjà l'industrie établie.
Cette orientation, bien caractérisée aujourd'hui, conduit certains pays à mettre en place des programmes spécifiques, et d'une manière moins précise, mais extrêmement intéressante, à favoriser des liens coopératifs forts au niveau international.
Les quatre vecteurs de l'action de l'IARP sont :
les rapports annuels d'activité nationaux qui fournissent une source importante d'informations croisées,
les rapports collectifs d'orientation générale,
les colloques spécialisés qui permettent de promouvoir des domaines naissants et de soutenir les initiatives de coopération,
les groupes de travail. Ceux-ci constituent certainement le vecteur le plus efficace pour des thèmes qui demandent un effort d'information et d'évaluation des directions de développement important. L'exemple des deux groupes de travail actuels le démontre amplement :
Déminage Humanitaire (mines antipersonnel),
Sûreté de Fonctionnement des Robots en environnement humain.,
Le premier groupe de travail se situe à la pointe des efforts constants faits par l'IARP en Robotique d'intervention et de terrain (Field Robotics) : Espace, Sous-Marin, Mines, ...
Le second se situe au coeur de la thématique aujourd'hui clé pour la Robotique qui va des Robots de Service orientés public aux Robots Personnels et d'Assistance pour les personnes âgées ou handicapées en passant par la Robotique Médicale.
L'importance de cette thématique est telle que l'IARP a pris l'initiative de s'associer à la Société Robotics and Automation (RAS) de l'IEEE pour organiser en mai 2001 à Séoul le premier colloque portant sur ce domaine clé : " Technical Challenges for Dependable Robots in Human Environments ". Un second Workshop suite à celui-ci est dores et déjà programmé à Toulouse en Octobre 2002.
La France était au départ de l'initiative du G7, conjointement avec le Japon, leader (notion supprimée en 1986) du Programme (alors Projet). Au cours des dix dernières années, l'évolution de l'IARP et les multiples initiatives prises par la France lui ont redonné de fait, un rôle dirigeant, marqué en particulier par la tenue du Secrétariat.
La Charte de l'IARP explicitement définit qu'il n'y a aucun transfert de fonds entre pays membres. Cela signifie en particulier que les charges de représentation et de secrétariat général sont couvertes pour la France par le CNRS directement, décision du MRE et du CNRS, vieille d'une dizaine d'années, et indirectement, pour la partie principale, par le LAAS-CNRS.
L'IARP qui peut être considéré comme une structure vieillie de par sa date d'origine est en fait une institution jeune, en tout cas rajeunie par l'arrivée de nouveaux pays et, surtout, par le renouvellement des représentants de ces pays.